Guide employeur

Combien de personnes faut-il pour ouvrir chaque jour ?

Il n'existe pas de norme. Le bon effectif est celui qui couvre chaque poste sur chaque demi-journée, pas sur chaque journée. On le pose poste par poste et jour par jour, on y ajoute la marge d'absences, et on vérifie le résultat matin et après-midi séparément. C'est là que la plupart des plannings se trompent.

  • Comptez par demi-journée, jamais par journée
  • Un poste qui ouvre et un poste qui ferme sont des postes à part entière
  • Prévoyez une personne en moins sur les jours forts

Méthode d'organisation, pas un conseil juridique. Les obligations d'effectif dépendent de votre profession.

Pourquoi la journée entière est le mauvais compteur

Voici le cas qui revient dans presque tous les cabinets. Le besoin est posé ainsi : « il faut deux personnes à l'accueil le mercredi ». Une personne est là de 8 h 30 à 13 h, une autre de 13 h à 19 h. Le planning compte deux personnes, il affiche « couvert », et l'accueil est seul du matin au soir. Le chiffre est juste, la réalité est fausse.

  • Un besoin se pose par demi-journée : deux le matin, une l'après-midi, ou l'inverse. Le total de la journée ne dit rien de ce qui se passe à 10 h.
  • Une personne couvre une demi-journée si elle y est présente au moins deux heures. Un passage d'une heure à cheval sur midi ne couvre ni l'une ni l'autre, et c'est exactement ce qu'on veut voir.
  • Le pivot entre les deux demi-journées se règle par établissement. Un cabinet dentaire coupe souvent à 13 h, un centre de santé à 12 h. Le mauvais pivot fausse le compte dans les deux sens à la fois.
  • Une fois la règle posée, la question « combien de personnes » devient « combien de personnes sur chaque poste, chaque demi-journée ». Elle a enfin une réponse.

La méthode en cinq étapes

Une demi-heure avec un tableau à sept colonnes, une par jour, et deux lignes par poste, matin et après-midi. Rien de plus.

  • Listez les postes sans lesquels la porte ne s'ouvre pas. Dans un cabinet dentaire : l'accueil, l'assistante au fauteuil pour chaque praticien présent, la stérilisation, l'ouverture et la fermeture. Dans un centre de santé : l'accueil, la caisse, la salle de soins.
  • Pour chaque jour et chaque demi-journée, écrivez le minimum par poste. Pas le confortable, le minimum : celui en dessous duquel on ferme ou on déplace des rendez-vous.
  • Reportez qui est là quand, en tenant compte des temps partiels, des journées d'école et des heures réelles. Une assistante à trois jours n'est pas « à soixante pour cent », elle est là le lundi, le mardi et le jeudi.
  • Comparez, demi-journée par demi-journée. Chaque case est soit couverte, soit en manque d'une ou deux personnes. C'est le seul tableau qui dit la vérité.
  • Ajoutez la marge d'absences : quelqu'un manque un jour sur six dans une équipe de six. Le minimum doit tenir avec une personne en moins sur les jours forts, sinon chaque congé devient une crise.

Les six réglages qui changent le chiffre

Le même cabinet, les mêmes personnes, et un effectif « suffisant » qui devient insuffisant selon la façon de compter. Ce sont ces six réglages qui font la différence.

  • Le pivot de la demi-journée

    L'heure qui sépare le matin de l'après-midi. Un cabinet dentaire coupe à 13 h, un centre de santé à 12 h. Se tromper de pivot compte les gens du mauvais côté.

  • Le seuil de présence

    Deux heures dans la demi-journée pour compter. Sans seuil, une arrivée à 12 h 45 « couvre l'après-midi » et le poste s'affiche pourvu.

  • Le poste qui ouvre et celui qui ferme

    Ce sont des postes à part entière, tenus par une personne nommée, pas une qualité diffuse de l'équipe. Sans eux, la porte reste fermée à 8 h 30.

  • Les temps partiels

    Trois jours par semaine ne font pas soixante pour cent de chaque journée. Un temps partiel se pose sur des demi-journées précises, pas en pourcentage.

  • L'alternant à l'école

    Il est dans l'équipe, pas sur place. Sa journée d'école se planifie sur un poste à part et ne couvre rien ce jour-là.

  • La marge d'absences

    Entre douze et vingt pour cent du temps de travail, congés compris. Dans une équipe de six, quelqu'un manque un jour sur six.

Un exemple : un cabinet dentaire de six personnes

Un titulaire, une collaboratrice à temps plein, trois assistantes dentaires, une secrétaire. Le cabinet ouvre du lundi au vendredi, 8 h 30 à 19 h, pivot à 13 h. Voici comment tombe le chiffre.

  • Le besoin par demi-journée : une assistante par praticien au fauteuil, une personne à l'accueil, une personne qui gère la stérilisation entre deux patients. Deux praticiens présents le mardi matin, c'est donc deux assistantes, un accueil, et la stérilisation assurée par l'une des deux : trois salariées au minimum sur cette demi-journée.
  • Avec trois assistantes et une secrétaire, l'équipe a quatre personnes pour trois places : une de marge. Le mardi matin tient avec une assistante en congé. Il ne tient plus avec une assistante en congé et la secrétaire en formation.
  • Le jeudi après-midi, un seul praticien : le besoin tombe à une assistante et un accueil. C'est la demi-journée à choisir pour les congés, les formations et les rendez-vous personnels.
  • Quand une deuxième collaboratrice arrive pour deux mois, le besoin du mardi et du jeudi matin monte d'une assistante. Sans recrutement, c'est le planning des demi-journées calmes qui absorbe : la marge tombe à zéro ces matins-là, et il faut le savoir avant de signer.
  • Réponse à la question du titre, pour ce cabinet : trois personnes au minimum sur les demi-journées à deux praticiens, deux sur les autres, et une équipe de quatre pour que les congés passent. Six personnes en tout, avec les praticiens.

Les quatre erreurs qu'on voit le plus

Elles ne viennent pas d'un manque de rigueur. Elles viennent d'un tableau qui compte des journées et des personnes, là où il faudrait compter des demi-journées et des postes.

  • Compter les têtes, pas les postes. Cinq personnes présentes dont aucune ne sait tenir la stérilisation, c'est un cabinet qui ne tourne pas. Le besoin se pose par poste, et la personne qui le tient doit savoir le tenir.
  • Poser le besoin « confortable » plutôt que le minimum. Un planning qui exige trois personnes à l'accueil quand deux suffisent affiche des manques tous les jours, et l'équipe finit par ne plus le regarder.
  • Oublier que la marge se consomme en même temps. Congés d'été, formation obligatoire et arrêt maladie tombent souvent le même mois. Le minimum doit tenir avec une personne en moins, pas avec l'effectif complet.
  • Vérifier une fois, en janvier. Une arrivée, un passage à temps partiel, un alternant qui change de jour d'école : chacun déplace le résultat. Le tableau se relit à chaque changement d'équipe, pas une fois par an.

Comment Staff fait ce calcul à votre place

Le tableau à sept colonnes existe dans les réglages de l'établissement, et le planning s'y compare tout seul. Les détails sur la page planning d'équipe.

  • Les besoins se posent par jour de la semaine, par poste, et pour toute la journée ou par demi-journée. Le pivot est un réglage de l'établissement, pas une constante.
  • Sous chaque colonne du planning, un badge par poste dit « ok/ok » quand le matin et l'après-midi sont couverts, et « -1/ok » quand il manque une personne le matin.
  • Le seuil de deux heures est écrit à l'écran, pas caché dans le calcul.
  • Le jour même, l'accueil du gérant liste ce qui manque : « Couverture incomplète aujourd'hui, Accueil (manque 1) », avec le bouton pour combler.
  • La journée d'école d'un alternant se planifie sur un poste à part : il reste dans le planning, il n'est compté sur aucun poste du cabinet ce jour-là.

Questions fréquentes sur l'effectif minimum

Existe-t-il un nombre minimum légal de salariés pour ouvrir ?

Pas de règle générale en droit du travail : rien n'impose d'être deux pour ouvrir une porte. En revanche, certaines professions réglementées ont leurs propres exigences. Une pharmacie doit compter un nombre de pharmaciens adjoints qui dépend de son chiffre d'affaires, un cabinet qui reçoit des patients peut être tenu par sa convention ou son ordre à certaines présences. Vérifiez auprès de votre ordre professionnel et de votre convention collective avant de fixer votre minimum.

Comment compter une personne qui n'est présente que le matin ?

Elle couvre la demi-journée où elle est réellement là, et pas l'autre. Une présence de 8 h 30 à 12 h 30 tient le matin ; elle ne tient pas l'après-midi, même si une autre personne arrive à 14 h. C'est tout l'intérêt de compter par demi-journée : une journée qui affiche deux personnes peut n'en avoir qu'une à chaque instant. Fixez un seuil de présence, deux heures est une valeur raisonnable, en dessous duquel un passage ne compte pour aucune des deux.

Quelle marge prévoir pour les absences ?

Cinq semaines de congés payés représentent environ dix pour cent de l'année pour chaque personne. Ajoutez la formation, les arrêts maladie et les événements familiaux, et l'on se situe le plus souvent entre douze et vingt pour cent du temps de travail absent, selon l'équipe et l'année. Concrètement, dans une équipe de six, il manque quelqu'un un jour sur six en moyenne. Le minimum par demi-journée doit donc tenir avec une personne en moins, au moins sur les jours forts.

Que faire quand une demi-journée n'est pas couverte ?

Quatre réponses, de la moins coûteuse à la plus coûteuse : déplacer quelqu'un d'une demi-journée excédentaire vers celle qui manque, revoir le besoin à la baisse si ce poste peut réellement tourner avec une personne de moins ce jour-là, faire appel à un vacataire, ou fermer le créneau et déplacer les rendez-vous. Ce qu'il ne faut pas faire, c'est laisser le planning afficher « couvert » parce que le total de la journée y est.

Faut-il compter l'alternant qui est à l'école ?

Il est dans l'équipe, il n'est pas sur place. Sa journée d'école se planifie comme telle, sur un poste à part, et elle ne compte pour aucun poste du cabinet ce jour-là. L'erreur classique est de le compter dans l'effectif du mardi alors qu'il est en cours tous les mardis : sur le papier le cabinet a quatre personnes, en réalité trois.

Faut-il compter les praticiens dans l'effectif ?

Oui, mais comme une source de besoin, pas comme une ressource. Un praticien présent crée un besoin d'assistante au fauteuil et de patients à l'accueil ; il ne tient pas l'accueil et ne fait pas la stérilisation entre deux soins. Posez d'abord les demi-journées de présence de chaque praticien, puis déduisez-en le besoin en personnel. Un cabinet à deux praticiens le mardi et un seul le jeudi n'a pas le même effectif minimum ces deux jours-là.

Ce guide vaut-il conseil juridique ?

Non. C'est une méthode d'organisation, pas un avis sur vos obligations. Les exigences d'effectif dépendent de votre profession, de votre convention collective et de votre ordre. Pour une décision engageante, appuyez-vous sur les sources officielles et, au besoin, sur un conseil qualifié.

Un planning qui dit ce qui manque, demi-journée par demi-journée.

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